5 avis
Berta Isla
Javier Marias
Rayon : Livre, Littérature, Romans.
Date de sortie : 29/08/19
Berta Isla Ils étaient si jeunes, quand ils se sont rencontrés, qu'ils ne pouvaient imaginer leur destin. La Madrilène Berta Isla et l'Hispano-Britannique Tomás Nevinson pensaient que leur histoire serait celle de beaucoup de couples de leur époque et de leur condition. Mais il suffit parfois d'une journée - d'une journée quelconque - pour voir sa vie basculer et se retrouver ensuite dans une relation distante, condamnée au secret et à la dissimulation, au faux-semblant et aux conjectures. Ainsi qu'il l'avait fait dans Comme les amours (2013), Javier Marías donne ici la parole à un personnage féminin qui vit de ses souvenirs, aux prises avec l'impossibilité de connaître vraiment celui qu'elle aime. Quant à Tomás Nevinson, son récit est celui d'un Ulysse qui, progressivement , devient « personne » et dont l'existence, au ser vice de l'Histoire, avec une majuscule, se transforme en une interminable fantasmagorie. Avec Berta Isla, ample roman en dix parties au titre aussi mélodieux qu'intrigant, Javier Marías creuse brillamment son sillon et offre au lecteur non seulement un formidable portrait de femme, mais également une nouvelle peinture du couple comme l'un des laboratoires les plus secrets de la vie contemporaine.
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gdelectrice34
Membre depuis le :
18/07/2019
4 avis déposé(s)
Émouvant

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Passionnant

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Captivant
Le dernier roman de Javier Marías est un véritable chef d'œuvre. "Berta Isla", qui est également le nom de l'héroïne, nous immerge dans l'intimité d'un couple miné par un secret. L'histoire débute à Madrid à la fin des années soixante, alors que les deux héros sont encore adolescents. Le promis de Berta Isla, Tomás part ensuite faire ses études à Oxford et devient un espion qui effectue régulièrement des missions pour le service de sécurité MI5 (Military Intelligence, section 5, service du contre-espionnage) et pour le MI6 (Military Intelligence, section 6, service de renseignements extérieurs). Il ne peut pas révéler le lieu et la nature de ses missions à Berta. Ce roman raconte donc l'attente d'une femme qui se sent délaissée et a le sentiment de ne plus vraiment connaître son mari. Ce roman évoque également le sentiment de perte d'identité de Tomás, qui au gré des missions et de ses périodes de "disparition", ne sait plus qui il est vraiment. Malgré les doutes de Berta sur son mari, leur amour persiste et le couple aura deux enfants. J'ai trouvé ce roman passionnant malgré sa longueur (presque 600 pages). J'ai vraiment apprécié l'écriture magnifique de l'auteur. Les phrases sont certes longues, mais en même temps magnifiques et tourbillonnantes. Il faut également saluer le travail de la traductrice Marie-Odile Fortier-Masek.
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Publié le samedi 21 décembre 2019
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andalousie
Membre depuis le :
01/06/2019
3 avis déposé(s)
Trop long
C'est l'histoire d'un James Bond qui est contraint de se séparer de sa famille au fur et à mesure de ces missions.
J'ai eu beaucoup de mal à aller jusqu'au bout, les phrases sont interminables et trop travaillées à mon gout.
Trop de longueur.
Merci de m'avoir donner l'occasion de lire ce livre mais il n'est pas pour moi.
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Publié le jeudi 19 décembre 2019
Ce titre a été testé pendant un mois maximum.
fleurderocaille
Membre depuis le :
25/05/2018
17 avis déposé(s)
Captivant
Ils sont jeunes et s'aiment depuis le lycée lorsque Berta Isla, madrilène pure souche, épouse Tomas, hispano-britannique. Rapidement, la jeune femme découvre que son mari n'est absolument pas celui qu'elle croyait. Celui-ci, pris dans un engrenage qui lui échappe totalement, est contraint de devenir agent secret britannique. Pour ses missions clandestines, il s'absente parfois durant de longues périodes sans jamais donner d'explications ni même être joignable.
Au-delà de l'absence, la vie du couple sera faite de silence et de mensonges. Un jour, Tomas disparaît et est tenu pour mort durant plus de douze ans.
C'est un roman complexe et passionnant, à la fois réaliste et intense, dont la construction tient le lecteur en haleine jusqu'au bout. L'histoire se met en place lentement. J'ai été captivée par le destin bouleversant de ces deux personnages hors norme. Avec un grand sens du détail, l'auteur brosse le portrait d'une femme dont les questions restent sans réponse et qui souffre de ne rien connaître de la vie de son époux dont elle sera pourtant le seul véritable socle.
Je remercie la Communauté Espace Culturel E. Leclerc de m'avoir permis de découvrir à travers ce roman un auteur espagnol contemporain que je ne connaissais pas et dont j'ai maintenant envie d'explorer toute la bibliographie.
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Publié le jeudi 12 décembre 2019
Ce titre a été testé pendant un mois maximum.
Anne Vacquant
Membre depuis le :
02/11/2018
7 avis déposé(s)
Réaliste
Javier Mariás, Berta Isla, NRF, Gallimard, 587 p
Le récit commence avec Berta et passe du « elle » au « je ». Il alterne ensuite avec Tomás (Thomas / Tom) et passe de la même manière du « il » au « je ». Ainsi, le roman entrelace la vie et la voix de la femme avec ses multiples interrogations, frustrations, conjectures et fantasmes, et celles de son mari avec les conséquences de son choix.
La longue mise en place raconte la jeunesse des deux protagonistes dans une période chargée historiquement : en Espagne, c’est la fin de l’ère franquiste et en France, c’est la révolte des étudiants, Berta a 18 ans en 1969 (Tomás est légèrement plus âgé). Ils profitent d’une liberté sexuelle à la mode, dans un pays où la dictature a fait régner une justice aléatoire ou commanditée. Ces deux facteurs vont se refermer comme un piège sur Tomás.
Au début, les phrases sont longues et ralentissent la lecture, retiennent l’impatience et retardent les événements (elles deviennent plus courtes ensuite). L’écrivain espagnol fait référence à Faulkner dont les phrases « s’étiraient sur des kilomètres » (p 434). Lequel aurait répondu qu’il n’était « jamais sûr d’être encore en vie pour commencer la suivante ». Berta dit qu’il en allait de même pour elle et qu’elle « avait peur de mourir ou, plutôt (…) de tuer Tomás ». Javier Mariás s’associe-t-il donc à Faulkner ?
Quoi qu’il en soit, il faut attendre la page 195 pour que « l’incident » survienne et déclenche la prise de conscience de Berta. Jusque-là, elle vit dans l’île (en effet) qu’elle a circonscrite dès son adolescence, ignorant la vie réelle de son mari. Les menaces des Kindelán la pousse à demander des explications qu’elle n’obtient que partiellement. Tomás ne lui dira jamais qu’il a été l’objet d’une manipulation (meurtre de Janet) qui l’a forcé à devenir « personne », seule façon de devenir « Quelqu’un », afin de se tirer de ce mauvais pas. Commencent alors une vie et un temps parallèles, une moitié de vie pour une Pénélope qui attend son Ulysse.
La mise en place patiente et les phrases travaillées s’accompagnent tout au long du roman d’expressions récurrentes. Des images telles que « banni de l’univers », « le gosier de la mer », « l’air mort » (et quelques autres) reviennent périodiquement. Elles forment un réseau de leitmotiv lancinant qui enferme le récit dans une boucle funeste, en quelque sorte, sans échappatoire. Ces citations proviennent principalement de T. S. Eliot mais il y a de nombreuses références à des écrivains qui viennent étayer les réflexions de l’auteur érudit sur les thèmes qu’il développe.
Ce n’est un roman d’espionnage mais un roman sur l’espionnage, ou plutôt sur les effets sur le couple d’un engagement tel que l’espionnage. La définition de l’homme selon laquelle l’agent secret est une sentinelle œuvrant pour la sécurité du pays s’affronte à la celle de la femme qui pense que cette version n’est qu’un boniment pseudo-patriotique. Le couple est en suspens, face au secret. Quant au concept selon lequel on peut choisir sa vie, l’auteur le décrit comme une notion moderne et subjective : en ne se rebellant pas contre la vie qu’on lui a imposée, l’homme l’a finalement acceptée (et appréciée par moments, selon ses aveux).
« Ainsi en va-t-il de ces vies qui, (…) se contentent d’exister et d’attendre ». J’ajouterai pour finir que pour Tomás, il convient d’attendre pour exister.
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Publié le mercredi 11 décembre 2019
Ce titre a été testé pendant un mois maximum.
fdiener
Membre depuis le :
13/09/2019
3 avis déposé(s)
Étonnant
La trahison est au cœur de ce nouveau roman de Javier Marias, comme un couperet suspendu au-dessus du couple iconoclaste que forment Tomas Nevinson, hispano-britannique subitement téléporté dans la bien trop circonscrite pour lui peau d’un agent secret, et Berta Isla. Et c’est la voix de l’héroïne qui rythmera cette vie foisonnante, opaque et obscure que poursuit dans le secret son mari. L’écriture est complexe et le lecteur naviguera à vue dans les eaux troubles de ces non-dits qui alimentent la destinée de ces amants de toujours, entre sentiment de trahison et certitude des sentiments. Un roman à la fois dense et absurde.
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Publié le lundi 9 décembre 2019
Ce titre a été testé pendant un mois maximum.
Ces avis sont également en ligne sur www.culture.leclerc.