4 avis
Torrentius
Pierre Colin-thibert
Rayon : Livre, Littérature, Romans.
Date de sortie : 22/08/19
Au xviie siècle, Johannes van der Beeck, peintre flamand, réalise sous le nom de Torrentius les natures mortes les plus extraordinaires de son temps. Subjugué par son talent, le roi d'Angleterre, Charles Ier, charge un émissaire d'acquérir une de ses oeuvres à n'importe quel prix. Mais Torrentius est un séducteur, un noceur, un provocateur qui travaille quand bon lui chante et vend des gravures érotiques sous le manteau. Et certains sont prêts à tout pour nuire à cet homme qui fascine autant qu'il dérange. Soupçonné d'être membre de l'ordre des Rose-Croix, les instances religieuses y voient l'opportunité de punir le blasphémateur et l'écrouent après l'avoir torturé. Si la couronne d'Angleterre l'aide à s'échapper, Torrentius, brisé, a tôt fait de renouer avec ses démons. Cette fois, ses relations n'y pourront rien. Avec un raffinement aussi précis et coloré que les toiles de son personnage flamboyant, Colin Thibert lève le voile sur un génie méconnu de la peinture des Provinces-Unies. À travers son existence aussi passionnante que tragique, il ausculte la figure de l'artiste, trait d'union entre le profane et le sacré.
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Nosky
Membre depuis le :
12/08/2018
7 avis déposé(s)
Original
Ce roman dépeint sommairement la vie du peintre néerlandais Johannes Torrentius, qui fut soupçonné d'être membre des Rose-Croix, arrêté, torturé et condamné en 1627 à 20 ans d'emprisonnement. Le roi Charles Ier d'Angleterre qui admirait ses œuvres intervint en sa faveur et obtint sa relaxe après deux années de prison. Torrentius resta 12 ans en Angleterre comme peintre de la Cour, puis retourna en 1642 à Amsterdam, où il mourut deux ans plus tard. Livre pouvant être lu très rapidement.
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Publié le mercredi 7 août 2019
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pachyderme
Membre depuis le :
30/01/2019
1 avis déposé(s)
Intéressant

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Original

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Surprenant
J'ai aimé ce livre car on s'attache à ce peintre néerlandais, Johannes Van der Beeck, qui a un côté fascinant, curieux mais qui dérange les bien-pensants et les "religieux". Il peint de sublimes natures mortes (très bien pensées d'ailleurs) mais aussi, sous le manteau, des toiles avec un thème inavouable que l'on pourrait qualifier d'érotisme. On l'accuse de faire partie de l'ordre des Rose-Croix et les instances religieuses en profitent pour l'accuser à tort et l'écrouer. Il se croit protégé et il joue avec le feu. Mais malheureusement, on le torture et il finit à la potence. C'est un livre original qui nous fait découvrir ce peintre injustement méconnu.
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Publié le mardi 30 juillet 2019
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minapix
Membre depuis le :
09/01/2019
2 avis déposé(s)
Surprenant

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Original

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Sombre
Ce petit roman d’une centaine de pages se lit très facilement, avec son style clair et direct et un brin d’ironie voire d’humour plutôt bienvenu, dans un contexte aussi dramatique. On y découvre le travail prodigieux de Torrentius, un peintre flamand du 17ème siècle, que l’histoire a oublié. Libertin passionné qui dérange l’ordre moral et religieux avec sa vision hédoniste de l’existence, l'artiste est romanesque, extravagant, provocateur, il dessine des œuvres érotiques qui se vendent sous le manteau, tout en vivant dans le faste et la débauche. Pris pour cible par l'Inquisition protestante, arrêté, torturé puis condamné, le talentueux peintre voit alors son destin tragiquement brisé. Personnellement, j’ai apprécié les pistes de réflexions philosophiques, religieuses, ainsi que les paradoxes psychologiques exposés. Le livre se lit très vite mais il engage, selon moi, une réflexion sur certains aspects de la nature humaine. Par exemple, le raisonnement limité et étroit des prédicants, leur rapport à la vie, à la sexualité et à ceux qui ne partagent pas leurs convictions est bien mis en avant, avec toutes les conséquences que cela implique dans le quotidien des citoyens, mais les excentricités de Torrentius, ses excès, son obstination et leurs conséquences négatives sont tout autant soulignés, ce qui laisse une impression étrange : ce personnage énigmatique fascine autant qu’il dérange. Pour finir, je dirais que certains points subtilement évoqués tout au long de l’ouvrage auraient gagné à être plus amplement développés (références historiques, philosophiques, initiatiques : la Cie des Indes, les anecdotes sur Rembrandt et Rubens, les messages cachés dans les œuvres, la peinture profane décorative, etc.) mais je comprends que ce n’était pas l’objet de cet ouvrage sans prétention, et je lui trouve le mérite d’avoir su aborder toutes les facettes possibles du contexte historique.
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Publié le dimanche 28 juillet 2019
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Evlyne
Membre depuis le :
18/10/2018
10 avis déposé(s)
Excellent

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Original

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Captivant
Ce récit d’un genre atypique, mêlant une biographie relevée sur un sujet peu connu du grand public, une touche de fiction dans un langage familier, « Torrentius » de Colin Thibert est agréable à lire. Son enseignement sociétal et majeur est une source bénéfique. Nous sommes plongés dans une époque, en l’occurrence celle du XVII è siècle. On ressent l’ambiance, l’idiosyncrasie, le bruit des pas, les senteurs, les voix et les ombres se profilant, sournoises, contre les murs du déraisonnable. Cette impression fulgurante d’être au cœur même de ce siècle. L’histoire captive, monte en gamme. Au travers des lignes se trouve les fissures idéologiques de cette période où il ne fallait pas se risquer à s’autoriser la liberté de conscience, le libre-arbitre, l’athéisme ou l’agnosticisme. Johannes Van Der Beerk va en payer le prix fort. Son esprit alloué à la cause des Cyniques chère à Diogène, son appartenance à la libre-pensée à peine née va faire de Torrentius (son nom de peintre et côté ville) le bouc émissaire d’une société clivante où la liberté d’expression est considérée comme un quasi blasphème. On aime ce personnage, ses tableaux osés et avant-gardistes, sa croyance loyale et suprême en la liberté. Le cru de ses paroles cachant une âme d’un symboliste, d’un être épris d’air frais et de concorde. Les couleurs subrepticement allouées au filigrane sont une exposition des plus picturales et magnifiées. On rêve de fusionner avec ses toiles, avec son esprit si intègre et respectable car sincère. Cet homme va vivre une cabale d’enfer. Son avenir seul, sera son as de cœur pour sa force et son courage. La première de couverture est à retenir à jamais. Superbe, elle est ce livre. Ne rien dire sur le tableau, juste frémir à l’encontre de sa solitude. Sans dire le pourquoi « Nature morte avec bride et mots…. » Colin Thibert est un donnant, un conteur, un passeur. Au travers de « Torrentius » se profile le devoir de mémoire. Combien d’autodafés de par le monde ? Ce récit est sensible et sa trame une picturale rencontre bénéfique. Publié par les majeures Editions Héloïse d’Ormesson. A lire pour apprendre, savoir et comprendre .Afin de retenir le double langage d’une peinture de renom.
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Publié le dimanche 28 juillet 2019
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Ces avis sont également en ligne sur www.culture.leclerc.